L'Entracte : Fates - Erik Mongrain
Septembre 2007 / Francis Hébert / Montréal, Canada
Il n'en faut pas plus. Une guitare acoustique, deux mains, dix doigts pour la
frapper, la caresser, en extirper les musiques les plus belles, les plus fortes.
Écouter le jeune Québécois Erik Mongrain est un enchantement pour les
amoureux de la six cordes débranchée, qui passe du style jazz au manouche,
avec des notes de blues. Toujours instrumental. Ça peut rappeler,
occasionnellement, l'ensemble guitaristique Forestare ou Django Reinhardt, mais
lui revendique davantage Nirvana, Metallica et Jimi Hendrix. À l'entendre jouer,
on devine que c'est l'éclectisme qui le guide.
Mongrain n'a pas trente ans, il est né à Montréal, mais on parle déjà de
lui au Japon. Son site internet se décline en cinq langues (dont l'allemand et
l'espagnol). Ça donne une idée de l'ampleur de l'artiste, de ses ambitions
aussi. Il a également composé quelques musiques pour Lynda Lemay (sur le
disque Un paradis quelque part) et on a pu l'apprécier aux Pourris de
talents de Musique Plus.
Son premier cd s'appelle Fates, comme des destins qui se croisent, des
ambiances sonores qui se métissent. L'ex Harmonium Serge Fiori l'accompagne au
synthétiseur Midi, mais pour être franc, on entend surtout la guitare. Le
synthé est si discret qu'on l'oublierait aisément. Dans le livret, Mongrain
explique par un court texte ce que chaque morceau signifie pour lui : "J'ai
imaginé ce que serait un dernier jour sur terre, avec une dernière pluie."
Et ses notes de guitare tombent comme mille gouttes suaves.
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